Pointe-à-la-Croix, Terre d'accueil

Avant 1760

L'arrivée des premiers européens dans notre région, des missionnaires, survient vers 1620. Le premier de ces missionnaires, le Père Sébastien, récollet, originaire de la province d'Aquitaine, ouvre une mission en Acadie d'où il évangélise les autochtones de la nation des Micmacs de la Baie-des-Chaleurs. Le district Micmac, l'un des plus imposants, s'étend depuis Miramichi jusqu'à Gaspé. Leur campement principal, Tjigog (Atholville), situé sur la rive sud de la rivière Ristigouche, se déplace au nord de cette même rivière, suite à plusieurs incursions iroquoises entre 1740 et 1755.

Vers 1750, la mission de Ristigouche est fondée. Elle est alors occasionnellement visitée par les missionnaires de Carleton qui ne viendront y résider que beaucoup plus tard.

Le gouverneur de la Nouvelle-France , en 1707, concède en seigneurie les terres environnantes à Monsieur Charles Morin.

Arrivée des Acadiens

L'arrivée des Acadiens marque un point important de notre histoire. Ces derniers, fuyant la déportation de 1755, débarquent sur nos rives vers 1758. Certains se reconnaissent aujourd'hui comme étant leurs ancêtres puisqu'en 1760, selon le recensement de Bazagier (1760), commandant au fort français, 150 familles acadiennes hivernent au fort, tandis que plusieurs sont déjà installées à proximité de Pointe-à-la-Garde.

Fondation de la municipalité

La municipalité du canton Mann fut érigée officiellement en 1845. Ce n'est que le 1er juillet 1855 qu'a eu lieu la constitution municipale de plein droit.

Jusqu'en 1969, la municipalité conserva le nom du " Canton Mann ". Pendant quelques mois en 1969 elle prit le nom de " Cross Point " et depuis 1970 notre village porte le nom de la "municipalité de Pointe-à-la-Croix ".

En 1983, le territoire de l'ancienne municipalité de Saint-Fidèle, fut annexé à celui de Pointe-à-la-Croix. Avec ses 394 kilomètres carrés, Pointe-à-la-Croix est l'une des plus grandes municipalités de la région en ce qui a trait à la superficie.

Au début de l'existence de la municipalité, les habitants étaient majoritairement de langue anglaise. Des 80 hommes inscrits sur la liste électorale du canton Mann, en 1894, seulement 13 étaient d'origine française (les femmes n'avaient pas encore le droit de vote). Moins de 40 ans plus tard, au recensement de 1931, la situation linguistique avait complètement changé... On comptait alors 824 résidents de langue française et 309 de langue anglaise. Avec la colonisation des années 1930, la population de langue française est passée à 1305 habitants.  En 2012,  la population de Pointe-à-la-Croix compte 1520 personnes.

Du côté religieux, on assiste, en 1843, à l'arrivée des prêtres résidants à Ristigouche. Le premier à s'y établir, le père N.-J.-B. Olscamp, fit venir ici son frère Joseph qui est problablement l'ancêtre des Olscamp de la région. Ce n'est que deux ans plus tard, soit en 1845, que Sainte-Anne-de-Ristigouche est érigée en paroisse. En 1894, à la demande de Mgr Blais, évêque de Rimouski, la paroisse se voit confier aux mains des pères Capucins. Ces derniers ont aussi oeuvré au sein des paroisses de colonisation comme Saint-Fidèle (1900) et L'Alverne (1930). C'est en 1972 que la nouvelle paroisse de Sainte-Hélène fut fondée pour desservir la population de Pointe-à-la-Croix.

Traversiers

La municipalité de Pointe-à-la-Croix étant située sur la rive nord de la rivière Ristigouche , en face de Campbellton, au Nouveau-Brunswick, ses habitants devaient franchir la rivière pour des raisons sociales ou commerciales. Campbellton leur fournissait un marché pour écouler leurs produits agricoles et forestiers et toute une gamme de produits et services, notamment les services de santé.

Les traversiers devaient constamment évoluer pour répondre aux échanges grandissants entre les gens des deux rives. Pour accéder à Campbellton, en 1855, les passagers prenaient place à bord d'une grosse chaloupe à rames. Cette chaloupe fut remplacée plus tard par des chalands. En 1885, un premier traversier à vapeur fut utilisé pour faire la navette entre Pointe-à-la-Croix et Campbellton. Différents types de traversiers furent utilisés jusqu'à l'ouverture du pont J.C. Van Horne reliant les deux rives de la Ristigouche en 1962.

Trains

chemin de ferC'est en 1893, qu'un premier train de passagers arriva à la gare de Pointe-à-la-Croix. Par contre c'est en 1984 que le dernier train de passagers et de marchandise s'arrêta à la gare de Pointe-à-la-Croix. Les passagers actuels doivent se rendent soit à la gare de Campbellton ou à Matapédia pour prendre le train.

Télégraphie

Morse key isolated on white backgroundÀ partir de 1862 on entreprend la construction d'un réseau télégraphique reliant Métis à Pointe-à-la-Croix. Deux ans plus tard, il devient possible d'envoyer ou de recevoir un télégramme à Pointe-à-la-Croix.

Électricité

TelegraphPole_19th_1899sdÀ Pointe-à-la-Croix, il faudra attendre les années 1950 pour que des gens puissent remplacer les lampes à l'huile par des ampoules électriques.

Téléphone

Antique Candlestick TelephonePointe-à-la-Croix a été reliée au réseau de téléphone en 1912 par la Bonaventure & Gaspe Telephone Company . Ce premier réseau de téléphone était précaire. Québec-Téléphone remplacera le vieux système à manivelle par le système à batteries centrales. En 1964, le téléphone à cadran supplantera le téléphone à manivelle et on éliminera graduellement les lignes à plusieurs abonnés.

Service postal

Stack of the old lettersVers 1876, le transport de la poste se faisait par le sentier ou le chemin qui reliait Pointe-à-la-Croix dans la Baie-des -Chaleurs à Grand-Mitis au fleuve Saint-Laurent.

En 1878, la Compagnie de navigation du Saint-Laurent assure le service postal par bateau. Le steamer de la compagnie fait le trajet Campbellton-Gaspé deux fois par semaine.

En 1876, l'arrivée du chemin de fer à Campbellton a permis d'avoir un service postal plus régulier tout au long de l'année. Le courrier allant à Halifax, Lévis ou Montréal devait transiter par le bureau de poste de Campbellton. Ce n'est qu'aux alentours de 1893 que le train livra le courrier à Pointe-à-la-Croix.

Agriculture

Fotolia_45846733_XS2Durant son premier siècle d'existence (1855-1955), l'agriculture a eu une place importante dans l'économie du village. En 1894, par exemple, sur 80 électeurs, 76 indiquaient "fermier" comme étant leur occupation.
En 1931, il y avait 1 323 acres de terres en culture à Pointe-à-la-Croix et un autre 500 acres de terres défrichées. Les terres de Pointe-à-la-Croix étaient considérées comme étant de qualité supérieure et bien drainées.
Comme ce fut le cas partout en région, Pointe-à-la-Croix a subi un déclin de son agriculture au point où, en 2005, il n'y a plus aucune ferme d'importance sur son territoire.

Écoles

Lors de son passage en 1856, l'inspecteur du temps (Meagher) constate que la première école de Ristigouche a été ouverte. À partir du milieu des années 1800, et ce, en dépit des dangers que représentait la traversée en bateau sur la rivière Ristigouche, plusieurs enfants des colons anglais établis à Pointe-à-la-Croix fréquentaient les écoles de Campbellton.

L'école du village, appelée Sandy Hill School , a vu le jour un peu avant 1880.

Entre 1900 et 1974, plusieurs écoles de rangs ou de villages ont existé ; Oak Bay, Petite Rivière-du-Loup, municipalité de Saint-Fidèle, paroisses de Saint-Conrad, de Saint-Étienne et de L'Alverne. Ces villages font maintenant partie de Pointe-à-la-Croix.

Début janvier 1970, avait lieu la rentrée à la nouvelle école polyvalente des Deux-Rivières de Matapédia. Un système de transport par autobus permet désormais aux élèves de Pointe-à-la-Croix et de L'Alverne de faire le trajet qui les sépare de l'école.

Le 15 octobre 1974, la nouvelle école élémentaire Père-Pacifique de Pointe-à-la-Croix ouvre ses portes à 280 élèves.

Forêt

Encore aujourd'hui la forêt est le principal secteur économique de la région. En 1825, des exploitants forestiers vinrent s'installer dans la région de la Baie-des-Chaleurs. En 1841, on signale déjà la présence d'un gros moulin à scie avec un étang à billots à Oak Bay. Il a attiré de nombreux travailleurs des villages environnants et contribué à une augmentation de la population.

Les frères Champoux construisent une scierie en 1902 ( la Chaleur Bay Mills ) sur le terrain de la mission. La compagnie ayant besoin d'une main-d'oeuvre à proximité, elle fit construire 24 maisons et une maison de pension à l'intérieur des limites de la réserve sur le "Flat". Les Champoux ont aussi installé un système d'aqueduc pour l'usage domestique aussi bien que pour lutter contre les incendies.

En 1924, le moulin des Champoux fut vendu à la compagnie International Paper . En 1929, le moulin fut acheté par la Madawaska Corporation propriété d'Édouard Lacroix. Il cessa ses activités en 1931.

Routes

Le plus ancien document traitant des chemins de Pointe-à-la-Croix date de 1834 pour la construction d'un chemin reliant Pointe-à-la-Croix à la rivière Nouvelle. Vers 1867, un chemin est construit pour rejoindre Matapédia.

La route 132, (boulevard Perron) qui ceinture la péninsule Gaspésienne traverse d'Ouest en Est notre municipalité.

Pont Interprovincial

S'il y a un fait qui a marqué les 150 ans d'histoire de la municipalité de Pointe-à-la-Croix, c'est bien la construction et l'ouverture, en 1962, d'un pont reliant Pointe-à-la-Croix à la ville de Campbellton au Nouveau-Brunswick.

Ce pont a véritablement transformé Pointe-à-la-Croix ; le petit village rural et agricole est devenu un centre de services dont la vocation touristique s'est affirmée au fil des ans.

Services de santé

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Le 24 septembre 1888, les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph de Montréal fondent l'hôpital Hôtel-Dieu Saint-Joseph à Campbellton.

Lorsque la ville de Campbellton fut rasée par les flammes en 1910, l'hôpital et l'église voisine ne furent pas épargnés. Un bâtiment temporaire a alors été érigé. Cet hôpital de bois a accueilli les malades de Pointe-à-la-Croix et de la région jusqu'en 1918.

Le 18 juillet 1920, l'hôpital Hôtel-Dieu Saint-Joseph est reconstruit et prêt à desservir les populations des deux côtés de la Baie-des-Chaleurs.

Le gouvernement du Québec décide d'installer des dispensaires qui offriront à la population les services d'une infirmière. Les villages de Saint-Fidèle et de L'Alverne seront les premiers à en bénéficier. Le dispensaire de L'Alverne est resté ouvert de 1943 à 1970.

Les dispensaires ont disparu avec la venue à Matapédia, en 1974, d'un Centre local de services communautaires ( CLSC Malauze ).

À partir de 1980, Pointe-à-la-Croix assistera à son tour à l'implantation du Centre de service du CLSC - Pointe-à-la-Croix.


N.B. Texte en très grande partie provient du livre "Pointe-à-la-Croix terre d'accueil" produit dans le cadre des Fêtes du 150e anniversaire de fondation de Pointe-à-la-Croix en 2005.